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20 novembre 2008 4 20 /11 /novembre /2008 11:11

Avec la presse régionale, tu te rends bien compte à quel point la vie est parfois cruelle...

Les pages "faits divers", sont parfois un véritable festival d'humour noir...

Là, c'est l'histoire d'un brave Papy.

Ca se trouve, la veille,  il racontait encore à sa femme la célèbre blague "pas de bras, pas de chocolat"...

Ca se trouve, la veille, il a dit à sa femme "je mangerais bien une bûche aux myrtilles moi, à Noël".

Ca se trouve, la veille, il s'est dit qu'il avait toujours vécu en bonne santé jusqu'à 82 ans, et pour que ça continue, il a touché du bois avec son bras.

Enfin, bref, là manifestement, il s'est approché de trop près......

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18 novembre 2008 2 18 /11 /novembre /2008 09:55

Aujourd'hui, je vais révéler une nouvelle passion inavouable...

 

J'aime lire la presse régionale...

 

Tu sais celle qui couvre la venue de Danielle Gilbert à la foire à la saucisse.

 

Celle qui a des pubs d'hypermarché discount en page 4 avec des photos couleurs de la promo géante du mois : côtes de porc à 8 € le kilo.

 

Celle qui lance de grands débats de société dans ses colonnes "pour ou contre la mise en sens unique de l'avenue Frédéric François"

 

Celle qui couvre les procès sordides dans le chef lieu du coin.

 

En fait, c'est pour cette dernière rubrique que j'aime tout particulièrement cette presse.

 

C'est là, où tu te rends compte que la France est bien mal barrée, je te le dis.

 

Du psychopathe de village, du pâté taré de campagne, du crime de hameau, il y en a des pages pleines.

 

Toi qui te crois un peu barré, quand tu lis ces pages, tu te sens poussé une auréole au-dessus de la tête.

 

Tu te sens d'une normalité déconcertante, limite chiante.

 

C'est peut-être pour ça que j'aime lire ces pages : ça me rassure…

 

Et une fois, je suis tombé sur ça :


J'ai l'esprit mal placé ou bien??

 

Alors, vous croyez qu'ils vont la reconstituer la fellation?  

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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 10:44

Chaque jour charrie son lot d'informations nouvelles sur ce grand piège à con qu'est facebook…

 

Oh, vous savez, je fais le malin, mais moi aussi j'ai mon profil sur facebook

 

Moi aussi, j'ai mis une jolie photo trompeuse

 

Moi aussi, j'ai tapé le nom de toutes mes ex…

 

Moi aussi, j'ai cherché à retrouver ma première amoureuse Aurélie Lafoie, 5ème D, collège Jacques Prévert

 

Bref, moi aussi, j'ai commencé à me faire piéger par ce grand rendez-vous de la connerie humaine.

 

Là, où j'ai senti que ça dérapait, c'est quand sur mon profil, j'ai vu apparaître "5 photos disponibles" alors que je n'avais mis que la photo où je me prends pour une star de cinéma.

 

J'ai cliqué et j'ai vu des photos de moi, il y a 10 ans, en voyage étudiant en Scandinavie…

blanc comme un cul...
habillé comme sac...
un regard de caribou hagard...
un sourire de marmotte dépressive…

 

Bref, la catastrophe.

 

Ces photos avaient été mises en ligne par une vieille connaissance de l'époque.

 

Quand tu passes ta souris devant ma tête, tu vois apparaître mon nom en gros au cas où tu ne me reconnaitrais pas avec ma tête de lapin congelé.

 

Moment de solitude…

 

Après, j'ai découvert l'existence du "Wall".

 

C'est un genre de panneau d'affichage de life.

 

Au lieu que les conneries de tes potes soit entassées sur ta boîte mail, et bien là, c'est public. Un genre de boîte mail mais publique, lisible et consultable par tous.

 

Même la Stasi de l'ex RDA n'a pas rêvé d'un truc aussi efficace pour regarder au fin fond de l'intimité du slip des gens.

 

Du coup, de la vidéo débile, du message craignos au jeu abscond, tout est disponible sur ton "Wall".

 

Toute cette énergie pour tant de conneries, je te le dis, quand tu y penses, c'est vertigineux….



Après, j'ai commencé à recevoir des messages sur mon profil facebook de personnes avec qui je corresponds d'habitude par mail.

 

Des messages du genre : "Sympa de se retrouver sur facebook! Comment vas-tu? Tu sais moi…."

 

Je n'ai pas répondu. Enfin, si! J'ai envoyé une réponse par mail, de ma boîte mail traditionnelle quoi.

 

Et ben vous savez quoi, on m'a répondu par un message sur facebook.

 

Nan, mais oh!!!!!!

 

Tu gagnes des smiles sur facebook ou bien ??? Plus tu fournis le site en connerie plus tu cumules des points?

 

C'est à se demander…

 

J'en connais qui doivent avoir un max de points…

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 11:00

Heureusement, il n'y a pas qu'à Paris que je vis de GRANDS moments de solitude…

 

Il existe une autre région qui peut vous surprendre à chaque coin de rue…

 

Une région où les grands-mères ont des crinières de lionnes et des manteaux panthère… (d'ailleurs, peut-être bien que Papy-Panthère s'est juste gourré de région...)

 

Une région qui a vu naître deux phares de la culture occidentale : Loana et Jenifer…

 

Une région où le taux de caniche par habitant est le plus élevé de France

 

J'ai nommé LA COTE D'AZUR……….

 

Sur la côte d'azur le sublime côtoit l'immonde, c'est limite un concept déposé.

 

Pour le sublime, t'as qu'à regarder M6 le dimanche soir, il y a toujours de la milliardaire luxembourgeoise botoxée du nichon qui s'emmerde va de palace en palace, de Monaco à Cannes, de Mougins à Saint Paul de Vence…

 

Pour l'immonde, celui qui te fait vivre de grands moments de solitude… il suffit de se perdre un peu dans les rues et d'ouvrir ses petits yeux.

 

Je ne sais pas si c'est l'effet de la chaleur mais, ici, le bon goût se dilate dans la tête des gens.

 

Comme ça, j'avais deux vieilles tantes versaillaises qui s'étaient installées sur la côte… Collier de perle, escarpins vernis, l'abonnement au Figaro Madame, le package Versailles quoi.

 

Et puis au bout de quelques mois, elles ont commencé à porter des pulls avec des petits strass. C'était sympa, plus moderne.

 

Au bout d'un an, il y a avait plus de paillettes que de laine sur les pulls.

 

Au bout de trois ans, elles portaient des escarpins dorés et des décolletés plongeants.

 

Enfin, bref, on est passé de ça :


les mamies par Didine & Yo coupette de mousseux, période "before Nice"

à ça :

 coupette de Champ', période "after Nice"

C'est comme ça que j'ai constaté l'effet du micro climat azuréen.


Les limites du bon goût se dilatent.

 

Beaucoup.

 

Vraiment beaucoup.

 

Jusqu'à franchir un territoire où la paillette est reine et le doré est roi.

 

Un territoire où l'imagination est au service du pire.

 

Un lieu où création rime avec abomination.

 

Ainsi, je vous soumets, sous vos yeux ébahis, ce que j'ai trouvé sur un marché…

 

Le sac-à-main-talon-aiguille


Je sais, on met quelques minutes à bien comprendre le truc…


C'est bien un sac à main...
 


Très jolie version croco dorée.

 

Vous noterez le sublime sac-à-main-voiture-violette à l'arrière…

 

Enfin, le bouquet final :

 

Souvenez-vous, la niçoise aime le chien-chien.

 

Et bien voilà :



 

Le sac chien-chien rose ou noir avec œil en faux diams.

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 16:03

Tu habites un loft sur les hauteurs de Fourvière à Lyon, une maison en tuffeau en bord de Loire, un appartement haussmannien à Nantes ou une ferme dans le Berry, c'est tout pareil, pour un pariso-parisien, tu habites en province.

 

La province, c'est genre un grand trou noir qui commence derrière le périphérique.

 

Souvent, le parisien, il te dit d'un air joyeux "ce week-end je suis allé en province" (le pariso-parisien, il aime tellement Paris qu'il se barre tous les week-ends en Province).

 

Ah ça tu réponds… Mais où en Province ? Au bord de la mer, en montagne, à la campagne, en Normandie, en Bretagne, en Provence???

 

Nan, genre le parisien après le périphérique, il s'est jeté dans le grand trou noir et pis c'est tout.

 

Le pariso-parisiens se pose toujours de grandes questions sur ce grand magma flou qui encercle la capitale.

La grande interrogation sur la province c'est : mais qu'est ce qu'on peut faire professionnellement en province??

 

Genre il y a 50 millions de français, et bien on se demande bien ce qu'ils foutent de leurs journées ces cons!

 

Pour pas mal de parisien, les provinciaux, ils ont juste fait une croix sur leur carrière et ils attendent la retraite en regardant passer les trains.

 

A part des caissières, des docteurs, des anglais en vacances ou des maçons, on ne voit pas bien ce que peuvent faire les gens...

 

La province, c'est aussi un grand trou noir professionnel.

 

Et puis, en province, les parisiens pensent que les gens sont empêtrés dans un ennui abyssal.

 

En province, tu te fais tellement chier que tu fais des mioches, histoire d'occuper tes soirées.

 

Et puis enfin, en province, t'as juste une vie de beauf.

 

Tu écoutes Rire et chansons, tu roules en Espace vert bouteille, tu habites un lotissement aussi sexy qu'un catalogue de feu la Camif, quand c'est jour de fête tu vas au Flunch avec frites à volonté, et la sortie de l'année tu la passes au Multiplex pour bouffer des popcorns devant un film avec Will Smith.

 

Heureusement, certains pariso-parisiens ont éclairé ma pauvre vie de provincial.

 

Ainsi, durant le même stage que j'évoquais précédemment, j'ai aussi eu droit à un cours de branchitude parisienne… par une vieille bobo.

 

Il y avait une soirée organisée par le boulot et on s'était tous retrouvé au restaurant. La vieille bobo faisait sa diva, elle parlait des nuits au Palace dans les années 80, de ses après-midi à Roland Garros dans les années 90, de son amitié avec Karl…

 

Moi, placé juste en face d'elle, je me sentais légèrement en décalage.

Pour ma part, dans les années 80, je fréquentais la maternelle Jacques Prévert, dans les années 90 j'étais un authentique rebelle et je chantais "no limit" de 2 unlimited à tue-tête dans ma chambre, et ma super amitié avec Antoine, conseiller financier à la Banque postale à Toulouse n'aurait pas passionné grand monde…

 

Du coup, je faisais des"mmmh" et des "ah ouaaaaaaais" et aussi des fois des "c'est clair" et la vieille bobo était ravie.

 

Le truc, c'est qu'à la fin du dîner, on a fait des taxis communs pour les gens qui habitent le même quartier.

 

Et moi, je me suis retrouvé dans le même taxi que la Castafiore vieille bobo.

 

Du coup, elle a continué à me raconter toutes ces parisianneries.

 

Arrivé à destination, je m'apprêtais à lui dire au revoir et finalement elle me sort qu'elle voudrait bien que je la raccompagne chez elle parce que… bon… la sécurité à Paris... c'est pas du tout du tout un problème mais... quand même... on ne sait jamais si Guy Georges s'est échappé de taule cette nuit là... et qu'il a envie de se taper une vieille une femme, ce ne serait pas de chance tout ça…

 

Sur le coup, je suis un peu estomaqué parce que Madâme clamait toujours haut et fort au boulot qu'elle était de gôche et que Sarkozy, les flics et tout ça, c'était honteux et que la France était limite un État policier.

 

En fait, j'avais simplement et définitivement à faire à une bobo.

 

Je la raccompagne donc et, en passant devant un bar elle me demande si je connais cette adresse.

 

"Euh…non… je suis nouveau, je ne connais pas bien les attrapes-bobos bons endroits encore"

 

"Et bien, en fait, c'est l'adresse la plus branchée de Paris en ce moment. Tu vois, c'est tellement branché qu'il ferme le samedi soir."

 

Silence.

 

Moment de solitude.

 

Pourquoi un bar qui ferme le samedi soir est super branché ?????

Je crois plutôt que c'est super con. C'est clair que le Flunch de la zone commerciale de Saint Martin du Fouilloux ne ferait jamais un truc pareil.

 

Explication de texte de la vieille bobo :

 

"Ben tu vois, c'est tellement "province" de sortir le samedi soir que ce bar ferme carrément ses portes. Les meilleures soirées, c'est celles du dimanche. C'est vraiment une super ambiance".

 

Re-moment de solitude devant cet abysse de connerie humaine.

 

Au moins cette discussion m'aura fait comprendre pourquoi tous les lundis matins, on la voyait débarquer au boulot avec une tête de gnou dépressif.

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 16:07

Quand j'habitais Paris, j'ai vécu de grands moments de solitude.

 

A tous les niveaux.

 

Mais, avec le recul, le plus drôle, c'est quand tu es confronté à un pariso-parisien.

 

Celui qui préfèrerait être transformé sur le champ en vide-poche plutôt que d'habiter en province.

 

Dans la discussion vous sentez un gouffre de Padirac entre vous et la personne en face.

 

Quand j'habitais Paris, j'étais en stage dans le milieu de la télévision. Des gens a priori superficiels ouverts, intelligents, informés.

 

Un jour, je discute autour d'un café avec une femme d'une quarantaine d'années, responsable d'un service qui n'était pas le mien.


Elle me demande d'où je viens.

Je lui réponds "Lyon".

 

Là, je vois ces yeux qui papillonnent genre elle cherche dans sa tête un truc auquel se raccrocher, un truc qu'elle aurait pu dire sur Lyon pour poursuivre la conversation. On frôle le bug cérébral et puis finalement elle me sort :

 

"Et toute cette neige l'hiver, c'est pas trop gênant?"

 

Là, je bug à mon tour. Les yeux qui papillonnent dans le vide tout ça… Je ne peux pas non plus la prendre de haut car qu'elle occupe un poste important et que je ne suis qu'un misérable stagiaire (misèèère misèèère…). Alors je lui réponds en fronçant les sourcils… :

 "Mais… quelle neige?"

 

"Et bien Lyon, c'est dans les montagnes, vers les Alpes quoi! L'hiver il doit y avoir un paquet de neige. Au quotidien, ça doit être difficile, nan?"

 

Là, je m'imaginais un matin gris de février. A mettre mon gros manteau, ma grande écharpe en laine, enfiler mon bonnet, sortir de mon chalet, mettre mes skis et descendre la montagne en évitant des sapins, en saluant les marmottes et en sifflant quelques dahus avant d'aller en cours.

 

Comment expliquer gentiment que les lyonnais ne vivent pas dans la peur des avalanches, que je n'ai encore jamais croisé de troupeau de chamois au détour d'une rue ou que la réintroduction de l'ours ne fait pas partie du programme municipal.

 

Sobrement, je réponds :

 

"Euh, nan, il n'y pas tant de neige que ça tu sais et puis les montagnes, c'est plutôt des genres de collines"

 

A ce moment là, elle fait une mine déçue genre "mais si y'a même pas de neige en province, c'est quoi l'intérêt??

 

Et elle a tourné les talons.

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 15:33

Dans cette bien jolie catégorie, on trouve des commerciaux, des marketeux, des financiers, des responsables de ressources humaines, bref, vous pouvez trouver beaucoup de métiers variés mais pourtant ils font tous partie d'une même secte professionnelle : ceux qui sont passés par les écoles de commerce.

De ce passage dans ces Grandes Écoles, leur cerveau en a gardé des séquelles irréversibles. Pendant leurs années d'école de commerce, ils ont été bercés dans l'idée qu'ils constituaient la future élite du pays.

Aujourd'hui, ils sont Chef de produit chez Cochonou, trader à New-York ou Chef des ventes des tampons nana pour la région sud-est…
et ils se prennent effectivement pour les rois des cons du monde.

Comme dans les autres sectes professionnelles, ils ont des thèmes communs et un langage commun.

Genre, au hasard : l'argent!

Ca adore parler oseille. C'est une sorte de compétition géante pour afficher le plus de kilo-euro au compteur. Ben oui, en école de commerce, on parle de kilo euro, voire de K E, c'est encore plus chic!

On aime bien aussi agiter tout un tas de mot qui ne veulent pas dire grand-chose mais qui font important-et-tout-et-tout genre, "gestion de projet", "management de projet", "conduite du changement"…

Dans cette secte, l'obsession professionnelle est portée à son comble. En fait, tu peux résumer une discussion de 4 heures en trois thèmes :

- Dans quelle boîte tu bosses?
- Tu fais quoi?
- Tu gagnes combien?

Autant te dire que t'as intérêt à travailler dans une multinationale américaine qui porte un nom pompeux style "Price Gamble Brothers",
à dire que tu fais de la gestion de projet en relation direct avec Hong-Kong, tout ça pour une centaine de kilo euros par an.

Si tu bosses en PME à Clichy-la Garenne, à diriger le service contentieux pour une trentaine de kilo euro par an, tu peux aller allumer le gaz tout de suite, on ne voit pas bien l'intérêt que tu as à continuer.

Si t'es prof, fonctionnaire ou artisan, on te regarde avec un petit regard condescendant genre le même qu'on porte aux chiens galeux dont personne ne veut à la SPA.

Dans une soirée d'école de commerce, t'as pas de hobbies, pas de famille, pas d'amis, t'as juste un travail et un plan de carrière tapissé sur les parois de ton cerveau.

Ben oui, le boulot, c'est le seul truc un peu valable dans la life.

En fait, il faut être un peu initié pour comprendre.
Dans la tête de ces gens, quand tu parles, c'est comme à l'eurovision,
il y a un système de points qui s'affichent dans le cervelet.

"Bonjour, je travaille à Singapour (+10 points : l'avenir est du côté des bols de riz!), dans une banque d'investissement (+20 points : ce n'est pas une banque de mamie!), dans une tour en verre (+5 points : +1 point par dizaine d'étages), je fais de la gestion de projet (+ 10 points : on sait pas bien ce que ça veut dire mais c'est classe!) et mon projet c'est de faire de la conduite du changement (+ 30 points, on capte rien mais c'est définitivement la classe!), je suis payé 60 K€ par an (+15 points : vue le niveau de vie là-bas, je suis Rockefeller)"

En réalité j'ai rencontré cette personne. Le changement qu'elle devait conduire c'était un déménagement. La banque passait d'une tour à l'autre. Il fallait gérer la taille du bureau de Michel, la déco de celui de Chang et choisir entre différents type de marbre pour le sol des chiottes.

Mais comme tout ça, c'est un peu trop concret et pas assez glamour elle préfère dire qu'elle conduit le changement plutôt qu'elle fait le job des "Déménageurs bretons".

Les gens des écoles de commerce, on leur apprend à se vendre comme n'importe quel produit. Du coup, quand ils parlent, t'as l'impression que le monde il tournerait plus comme avant s'ils disparaissaient d'un coup.

En fait, en grattant un peu, tu te rends rapidement compte que la plupart brasse du vent comme un champ d'éolienne en pleine mer.

Sauf qu'ils ne produisent même pas d'électricité ces cons!...

Pendant une soirée d'école de commerce, il faut s'amuser à briser leur discours bien rôdé. Genre tu demandes au mec en face ce qu'il fait :

"Chef de produit chez Amora"

"Ah ben c'est chouette tout ça et ça consiste en quoi?"

"Je suis responsable de toute la gamme mayonnaise, j'ai pour objectif d'accroître notre part de marché, actuellement je suis sur un gros projet packaging"

"Donc en gros, tu t'occupes de la vente de mayo, t'essayes d'en fourguer un maximum à la ménagère en l'attirant avec des couleurs flashy et des formes funky"

"Oui, enfin, c'est un peu grossier comme description"

"Oui, mais ton gros projet packaging, ça consiste en quoi?

"Et bien nous réfléchissons à un bouleversement des codes couleurs de la gamme"

"Tu te demandes si tu vas passer l'étiquette du rouge au bleu, c'est ça?"

"Pas exactement mais c'est vrai que nous nous sommes posés la question du bleu et les nombreuses études de marché démontrent que nous pourrions gagner en taux de pénétration sur la cible des 35-50."

Voilà, comment on démasque un mec qui fait partie de la secte professionnelle des diplômés d'école de commerce et qui est payé 60 K€ pour changer une couleur d'étiquette sur un pot de mayonnaise!

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 14:59

Les profs ne sont pas les seuls à constituer une secte professionnelle bien affirmée.

 

Aujourd'hui, je voudrais parler des médecins et plus largement de tous ceux qui bossent dans le "médical".

 

Oui, je sais, c'est large. Ca va du grand chirurgien qui opère de la touffe au kilomètre au visiteur médicale de campagne qui est bête comme un cul mais qui gagne trois fois ton salaire.

 

Oui, mais voilà, comme chez les profs, il a bien souvent de la consanguinité dans l'air.

 

Le médecin ou la personne qui bosse dans le médical, bien souvent tu vois, son papa/maman/femme/mari/enfants/frères/labrador/sœurs évolue aussi dans le milieu des gens à blouse blanche.

 

Tu verras, ça marche quasiment à tous les coups! Comme les profs, j'te dis!

 

Du coup, il y a le même effet que pour les profs, le médecin il voit le monde à travers le prisme de son métier qui-est-drôlement-important-et-tout.

 

Un coup sur deux, tu as droit à un cours sur la Sécu, sinon à un exposé qui donne tout bien faim sur le dernier client patient de la journée qui avait une urticaire géante sur le testicule droit.

 

Oui, ce qui est drôlement sympa avec le médecin et tous ses copains, c'est qu'il a un rapport au corps super naturel.

 

Des giclées de sang, du racourcissage d'intestin, de la verrue purulente, des hémorroïdes aiguës, tout ça le médecin, ça ne le choque pas!

Normal, c'est son job! Jusque là, tout va bien!

Mais comme il fait tout bien partie d'une secte professionnelle et qu'ils ne côtoient de près que des médecins, il ne se rend pas compte qu'à l'extérieur, les individus qui ne font pas ce métier et ben tout ce bordel de boyaux à l'air ça les dégoute.

 

Ils pensent que ça ne choque personne et que ça passionne tout le monde.

 

Du coup, si tu te tapes une soirée avec des médecins, t'as intérêt à avoir pris un truc contre le mal de cœur + un truc pour ne pas dormir.

 

Dans une soirée médecin, donc, le grand jeu, c'est de se raconter des trucs scabreux sur les clients patients. Tu sauras tout sur la façon de poser un anneau gastrique à un obèse, de transplanter un rein ou de couper 129 mètres d'intestins pourris.

 

Le médecin, aussi, comme le prof, il gueule toujours sur ses conditions de travail.

Le ministre de la santé, c'est toujours un gros nul incompétent, alors que lui, le médecin, il a tout compris et il sait tout bien ce qu'il faudrait faire pour boucher le trou de la Sécu.

 

Dans la secte professionnelle du médical, ça se plaint tout le temps. C'est genre un code social. Du chirurgien à l'infirmière, ils se sentent tous super incompris.

 

Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que le médecin il soit super exposé à la crise financière, à la "baisse-du-pouvoir-d-achat-ben-voui-M-dame-Michu", à la précarité de l'emploi, tout ça quoi.

 

Je sais bien que faire la pute auprès des labos, ça marche moins bien qu'avant mais quand même… je crois qu'il y a encore de la marge…


En fait, ce qui est pénible avec les médecins c'est qu'ils ont tous fait des études très très très longues, très très très dures, très très très chiantes prenantes… Ces études scientifiques, certes très difficiles, restent purement scientifiques.

Et ben, pourtant, le médecin, il est bien souvent expert en plein d'autres choses. Les médecins, il n'y a pas plus donneurs de leçons. Mais dans tous les domaines, genre la géopolitique, les politiques publiques, l'évolution sociologique de la France, la recette du tiramisu aux châtaignes, la téléréalité, la haute finance...

Tout, j'te dis.

 En fait, leur métier leur donne une sorte d'arrogance d'assurance qui est assez vite insupportable.

 

En plus, plus tu vieillis, plus te rend compte que la médecine c'est une science aussi inexacte et relative que les autres.

Ils peuvent bien prendre leur grands airs pour t'expliquer le monde, tu réalises vite qu'en médecine, comme partout, il y a des modes. Ce qu'on t'explique d'un ton péremptoire en te prenant pour un con de haut, et ben 10 ans plus tard, on te dira l'inverse avec le même aplomb et le même mépris.

Tu regardes les préconisations sur l'allaitement ou le régime, ou même les trucs plus graves, tous les 10 ans, il y a une nouvelle mode.

 

Et puis, ce côté scientifique, ça leur bouffe bien le cervelet. Je ne compte pas le nombre de médecins aussi chaleureux qu'un stéthoscope, aussi nuancé qu'un interrupteur, aussi aimable qu'une hôtesse de l'air Ryan Air.


Enfin, tout ça n'est pas bien grave, c'est comme les profs, ça gonfle un peu, c'est tout…
 

Il faut savoir faire le tri et prendre les choses du bon côté.


Moi, je pense que pendant une soirée médecin, il faut limite en profiter pour faire un check-up gratos. Tu poses toutes tes questions sur ton drôle de bouton dans le cou, ta douleur à l'épaule et dépression hivernale en plein été…

Ca va les occuper et ça te servira au moins à quelque chose…

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 16:13

Je ne sais pas vous, mais moi dans certaines soirées je vis de grands moments de solitude quand je suis pris au milieu d'une secte professionnelle.

 

Kezako la secte professionnelle?

 

Ce sont des gens qui font le même job ou qui travaillent dans le même secteur et qui n'en sortent jamais de ce putain de secteur.

 

En fait, le phénomène de secte professionnelle, il touche plus certains métiers que d'autres.

 

Parmi les sectes professionnelles les plus gonflantes, il y a la secte des profs.

 

Malheur à celui qui pénètre dans une soirée de profs et qui n'est pas prof.

Il va se sentir seul assez vite, je te le dis.


Ben oui, j'ai expérimenté le truc.


Je me suis vite transformé en "Mawie-Théwèse" qui fait passer les cacahuètes, qui sert à boire et qui contrôle la cuisson du poulet toutes les cinq minutes pour se donner une contenance.

 

Ce qui est fou dans une secte professionnelle, c'est que les gens ils se reproduisent entre eux, ils se marient entre eux, voire ils se trompent entre eux!

 

Alors dans une secte des profs, il y a beaucoup de chance pour que les gens soient :

 

- fils/fille de profs

- frères/sœurs de profs

- épouse/époux de prof

- meilleur(es) ami(es) de prof
 

Et le plus dingue, c'est que certain coche toutes les cases.

 

Le prof, comme il est dans une secte et qu'il a le cerveau tout "profisé", il te commente le reste des problématiques de l'Humanité uniquement à travers sa petite expérience de prof.

 

La crise financière, le réchauffement de la planète, l'émergence des pays en voie de développement, la construction européenne et ben tout ça, le prof il te l'étudie et te le commente à travers sa lorgnette de prof de français de la 4ème D de Cergy-Pontoise.

 

Les profs ils ont aussi une langue commune à leur secte sinon le monde extérieur risquerait de les comprendre.

Et ça je te prie de croire que ça foutrait pas mal en l'air leur concept de secte fermée.

Par exemple, quand un prof de CP apprend à lire l'heure aux élèves, tu crois pas qu'il va leur dire "les enfants, aujourd'hui, on va apprendre à lire l'heure"...

Ben nan.

Ils risqueraient de comprendre les cons!

Nan, ils disent "aujourd'hui, les enfants, nous allons faire du repérage dans l'espace et le temps".

Tu penses que les gamins ils repèrent quelquechose, ils savent plus où ils habitent oui!

Bon, il y a quand même un truc qui ne colle pas niveau secte. La secte des profs elle n'est pas comme les autres, elle est en rébellion permanente contre son ministre de l'Éducation Nationale gourou.

 

Ca gueule toujours que le gourou il fait rien de bien. Le prof a l'impression d'être super rebelle en disant ça mais il ne se rend pas compte qu'il dit tout pareil que les autres.


D'où la secte.


Ils ont tous le même discours : le manque de moyen / l'absence de considération / les programmes trop chargés / les parents irresponsables…………….

Ils se foutent de la gueule du gourou en permanence. Vas-y que ça lance des blagues sur internet, que ça manifeste, que ça bloque les classes…

 

Le prof il se croit toujours super malin et il prend toujours son gourou pour un gros con.

 

Dans une soirée de profs, donc, le grand jeu, c'est de se foutre de la gueule du gourou.

Une fois que tu as fait ça, tu te plains de tes conditions de travail.

Et une fois que tu as fait ça, tu peux commencer à te foutre de la gueule de tes élèves et de leurs parents.

Après, tu vas te coucher.

 

Et le lendemain, au boulot, tu recommences.

 

Et là, c'est le drame du circuit fermé.

 

Après une journée de boulot de prof, le prof il rentre chez lui retrouver sa femme prof pour se raconter des histoires de profs, avant d'aller dîner chez des amis profs pour parler de la vie des profs.

 

 

Moi, englué dans ma soirée de profs, je me faisais bien chier je peux vous le dire.

 

J'ai attendu une question genre "et toi que fais-tu dans la vie?"

 

Je pouvais attendre longtemps.

 

En même temps, une fois, y'en a un qui m'a demandé.

A la réponse j'ai bien vu que son logiciel a eu comme un bug.

Il avait les yeux dans le vide, tu sentais que son cerveau moulinait dans le vide.

Il n'avait plus rien à dire, il n'avait rien pour se raccrocher.

Aussi perplexe que devant une soucoupe volante.


Ca le mettait en face d'une réalité traumatisante : il y a un ailleurs.

 

Du coup, pour le relancer, je lui ai posé une question de profs.

 

Ca allait mieux.

 

Alors, du coup, j'ai écouté en prenant l'air hyper concerné, j'ai fait des "hen heeen", des "ah ouais?!", des "c'est dingue cette histoire", des "c'est clair, des "c'est n'importe quoi" (ça c'est quand ça parle du gourou) et puis parfois aussi des "ah oui, je vois".

 

Tu adaptes tes expressions de visage en fonction du monologue, tu rigoles quand ça se moque du gourou, tu prends l'air grave et constipé quand ça parle manque de moyens, tu fronces les sourcils quand ça parle pédagogie et puis tu passes les cacahuètes un coup pour te détendre le cerveau.

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14 octobre 2008 2 14 /10 /octobre /2008 14:16



L'autre jour, dans une librairie, je suis tombé sur cette couverture...

Je la trouve géniale... le choix du titre et de la photo s'accorde parfaitement.

Et dans le même temps, il y a comme un paradoxe vivant...

Ben oui, comme l'illustre la photo, le chat on peut pas vraiment dire qu'il a une psychologie toute bien structurée...

Il en fait juste qu'à sa tête... et pis c'est tout!

Cette tête là, il peut aussi bien vous la faire parcequ'il a un truc qui le contrarie que pour vous faire juste chier.

Le chat, il faut dire que c'est un être à part.

Et franchement, j'aurais du mal à parler de psychologie du chat.

Déjà, le chat, faut être clair, il n'y a rien de plus égoïste.
Il te snobe grave. Il te ramène une souris agonisante dans ton lit. Il te vomit dans ta baignoire. Il te démonte ton canapé. Il te tapisse tes pulls de poils. Il a une haleine de bouc. Il pond des merdes de labrador. Il te réveille en miaulant ou en te léchant les paupières. Il déteste ta copine. Il ronge le fil de l'ordinateur. Il fait tripler ton frère de volume rapport à son allergie. Il vole ta tranche de jambon. 

Et toi, tu fais quoi ???

Tu le caresses...

Ouais, c'est un truc de malade mental tout ça...

En même temps, vous connaissez beaucoup de gens qui arrivent à se lécher les fesses avec la langue tout en ayant l'air classe??

Ben, voilà, le chat il mise tout sur son physique et sa grâce. Il peut faire les pires horreurs, ce con il a toujours de l'allure! Et toi, ben tu cours cette beauté illusionnante...

Le chat est un grand manipulateur...

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