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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 19:35

 

Cartons spécial PUB
 
Un truc super limite rapport à ma moralité, mes valeurs, ma santé  tout ça...

J'ai participé à un loto.

Oui, un loto. Le truc dont tu vois les affiches au bord des routes de campagne.

Le grand jeu des mamies en milieu rural.

Oui, j'ai tenté.

Depuis quelques temps, je développe une fibre "rurale" qui effraie un peu The Other Person.

De plus en plus, le concept de champs à perte de vue, de vaches qui boivent dans une vieille baignoire pourrie et d'épicerie improbable où une mamie en blouse te vend des poireaux plein de terre et ben...
 
Ca m'excite grave!!!
 
Comme si je retrouvais des racines perdues depuis des générations citadines dégénérées.

Donc Samedi soir, je suis allé avec The Other Person, dans un salle des fêtes de village...

On nous avait prévenu qu'il fallait arriver bien en avance...

Nous arrivons une heure avant le début des festivités et effectivement la salle de 3 000 personnes est presque comble...

Pour faire vite, on va dire que le joueur moyen de loto est une femme de 60 ans, les cheveux de couleur indéterminée, la tenue de ferme ou presque, les jambes gonflées et rouges (ça je ne sais pas pourquoi... quelqu'un a t-il une explication?), des lunettes en ferraille et voilà...
 
Il y a aussi la version toute rachitique, habillé en bleu marine, avec des cheveux gris/jaune retenus par un serre-tête élimé.
 
Oui, dans les campagnes, soit t'es obèse, soit t'es rachitique et pis c'est tout.
 
Faut choisir son camp.

Au début, il faut choisir ses cartes. Les cartes se sont des grilles avec plein de numéros. Toutes les Mauricette et autre Josiane étudient donc les cartes du genre que c'est trop stratégique comme choix.

Alors que bon, on le verra, le loto c'est surtout un grand jeu de con. Je pense que des bonobos pourraient facilement intégrer le bordel.

Donc Mauricette choisit ses cartes en te regardant avec un air suspicieux du genre que t'es un salop de touriste qui va lui piquer le gros lot.

Oui, parlons des lots d'ailleurs. Sur l'estrade de la salle polyvalente "trônent" les précieux lots.

Au début, j'ai cru à une blague quand j'ai vu des cartons avec des poireaux qui dépassaient.... des paniers de prunes... J'ai cru que le Secours Catholique n'avait pas débarrassé sa dernière distribution de "vivres"...

"Ca, ce sont les petits lots" qu'elle me glisse la Micheline du secteur, " le gros lot est caché la dessous"...

Effectivement entre un VTT chinois-cheap, un fer à repasser chinois-cheap, une chaîne hi-fi pour schtroumpfs et un congélateur 250 litres chinois-cheap, il y avait une sorte de masse cachée sous un drap en tissu provençal élimé...

Vas-y que la Micheline elle commençait à faire des paris avec sa voisine pour savoir de quoi il pouvait bien s'agir.

"Ca a la forme d'un piano j'te dis!", "Mais non, c'est une machine à coudre posée sur une table"...

Piano, machine à coudre, je commençais à avoir des bouffées d'angoisse rapport au cadeau empoisonné géant avec lequel j'avais une petite chance de me retrouver en fin de soirée.
 
Je m'imaginais déjà avec mon congélo 250 litres sur le parking... devoir le porter, le mettre dans ma polo de poche (et, par conséquent,  la détruire)... le faire trôner au milieu de mon salon pour cause de manque de place... devoir bouffer du surgelé pour rentabiliser le bordel...
 
Bref...
 
On s'installe à une table où les mamies continuent à nous jeter des regards soupçonneux.
  
Manifestement quelques intrus se sont également glissés dans la soirée. Des parisiens qui rigolent et parlent fort.
 
Et puis, tout le monde commence à déballer le "matos"...
 
Oui, car on se s'improvise joueur de loto comme ça.
 
Non, malheureux!
 
Et je m'en suis bien rendu compte après coup : quand t'as pas le matos, c'est pô évident...
 
Alors le matos de compet' du joueur de loto, c'est : 
 
- une sorte de mini balayette aimantée qui sert à aimanter les pions une fois la partie terminée.
 
Bâton pailleté + 100 pions
- un genre de set de table anti-dérapant
 
- une trousse pleine de pions de couleur
 
 
Trousse pour accessoires
- un marqueur pour cocher la grille du bingo
 
Marqueurs
- une bouteille d'eau pour tenir le coup
 
Donc, voilà moi, sans la trousse, l'antidérapant et le marqueur, j'étais limite un délinquant.
 
Mes pions étaient dispersés au milieu de la table (pas de trousse), je cochais mon bingo avec un stylo bille bleu qui se confondait avec le papier bleu du bingo (pas de marqueur), quand je positionnais mes pions sur la carte, parfois, mon doigt ripait et mettait le bordel sur ma carte (pas d'antidérapant), au moment de nettoyer la surface de la carte, je mettais trois plombes et j'en foutais partout (pas de balayette magique).
 
Bref, difficile de s'improviser joueur de loto.
 
Et puis l'animateur a pris la parole. Les mamies ont frémi d'extase. Le "beau" Christophe, animateur de loto et autres foires au boudin ou concours de la tartiflette géante a commencé son show.
 
Toutes les mamies l'appelaient par son prénom. Quand elles prononçaient son nom, elles avaient la gorge sèche comme si une décharge érotique se répandait dans leur corps de mamie qu'avait pas connu le loup depuis l'affaire des diamants de Giscard. 
 
Donc Christophe a commencé à expliquer rapidos le jeu et il a lancé la machine à boules...
 
C'est là que l'enfer a commencé.
 
"Le 4"...
 
"Le 56"...
 
"Le 87"...
 
Et là, tu fous des pions sur les chiffres de tes cartes. Un truc à se choper une migraine. Un truc super pas festif.
 
Enfin, si.
 
LE moment festif c'est quand certains chiffres sortent.
 
Ainsi, quand le 90 sort. Christophe fait jouer une petite musique et tout le monde fait "olééééé"...
 
C'est ça le moment festif.
 
Ah oui, j'oubliais. Il y a un autre numéro aussi qui provoque une "réaction" de la salle...
 
"Le 69"
 
Christophe fait alors sonner une cloche et tout le monde ricane.
 
J'ai bien cherché une explication à cette drôle de "cérémonie" du 69...
 
Et puis, j'ai préféré oublier et penser à autre chose...
 
Oui, trouver un lien entre le 69 et les joueuses de loto, j'ai pas pu... ou pas voulu, je ne sais pas.
 
Donc voilà.
 
Et puis, quand tu arrives à faire une ligne ou deux lignes ou trois lignes, et ben faut gueuler comme un veau de mer.
 
A ce moment là, un controleur arrive pour vérifier que t'es pas un tricheur. Il lit à voix haute tes numéros pour voir s'ils sont bien sortis.
 
Le problème, c'est que les contrôleurs avaient 80 ans bien sonnés, qu'ils ne voyaient rien et qu'en plus y'avait des pions sur les numéros.
 
"Le 34.. euh nan, le 44... CRRRRRRFFFFFTTTTTPUIIIIIIIIIIITTTTTTTTT (ça, c'est le micro foireux)... ah non, excusez moi, le 24, le 67, le 90..."
 
Ah chaque fois que Papi ratait un numéro, toutes les mamies soufflaient genre qu'elles en avaient marre de ce contrôleur incompétent.
 
Donc la soirée s'est déroulé comme ça au rythme des numéros... J'ai prié pour ne pas me taper le congélo de 685 litres. Ca a drôlement bien marché.
 
Nous sommes sortis du bordel à 1h30 du matin...
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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 16:42


Attention l'hiver revient et avec lui...l'obsession de la boustifaille...


Pendant les vacances de la Toussaint, j'ai voyagé un peu...

 

Avec the other person, on est allé rendre visite à des amis à Furoncle-city Bruxelles!

 

Oui, le mois de novembre... la Toussaint... Bruxelles... c'était moyen parti pour siroter des caïpirinha au soleil, les doigts de pied en éventail...

 

Bref!

 

Pour faire passer la pilule belge, on a décidé de faire un circuit :

 

- Lille (je voue un culte chamanique au Vieux-Lille),

- Bruxelles,

- Knoke Le Zoute (le "Saint Tropez" de la Mer du Nord... enfin faut le dire vite...),

- Étretat, Honfleur, Deauville, Cabourg...

 

On va régler la question de la météo tout de suite : grisaille, pluie, veeeeent, froid, bourrasque, averse, nuages noirs...

 

Ah oui, des sortes de mini-tempête orageuses aussi par moment.

 

Forcément, quand tu vas dans le Nord pour voir des copains et qu'il ne fait pas beau, qu'est ce que tu fais?

 

Ben, tu bouffes...

 

Donc, c'est parti pour des vacances inoubliables...

 

La première étape, c'est Lille !

 

Bon, ben Lille, c'est bien beau mais quand tu arrives à 12h30 dans le centre et que tous les magasins sont fermés... tu fais quoi?

 

Ben, tu bouffes...

 

De la tarte au maroilles, au plateau de fromage avec mimolette vieille et Vieux-Lille... tout ça arrosé de bière locale... en dessert quelques gaufres de chez Meert.... : l'obésité en vue le bonheur quoi!

 

On repart donc bien repus, direction Momoche City Bruxelles...

 

Bon, là rien de nouveau sous les nuages gris le soleil, Bruxelles, c'est toujours aussi laid...

 

C'est gris, c'est triste, c'est sale...

 

Alors qu'est-ce que tu fais pour t'en remettre?

 

Ben, tu bouffes...

 

De la gaufre liégeoise, aux assiettes de moules-frites à la bière belge... Bon, allez, la Belgique vue de la cuisine, ce n'est pas si mal...

 

Le soir, en me couchant, j'avais l'impression d'être enceinte de 5 mois...

 

Le lendemain, on a enquillé sur une escapade à Knoke-le-Zoute... Bon, déjà tu te dis qu'il faut vraiment être Belge pour appeler une ville comme ça...

 

Et pourquoi pas Meetkerke aussi!

 

Comment?

 

Ca existe aussi...

 

En Belgique...

 

Bon, ok, donc, c'est parti pour Knoke le Zoute... une ville moche au bord d'une plage moche et d'une mer moche...

 

Certes, c'est très chic, les magasins de luxe alternent avec les galeries d'art contemporain mais bon, tu fais quoi à Knoke-le-Zoute quand il pleut des cordes et que la mer (oui, le truc boueux marron-vert, c'est la Mer!) est déchaînée...?

 

Ben, tu bouffes...

 

Donc, c'est reparti pour faire la fête de la moule, de la frite, de la bière et autres gaufres géantes...

 

Tu rentres le soir à Bruxelles sous des trombes d'eau...

 

Tu es entre potes donc tu fais quoi pour passer un moment convivial...

 

?

 

Ben, tu bouffes...

 

Canard, gaufres-maison, petit vin qui va bien...

 

Une belle soirée.

 

Seulement, tu pars te coucher avec la drôle de sensation que ton estomac s'est transformé en enclume...

 

Le lendemain, c'est le départ, le retour tranquille à la Maison en faisant deux petites haltes en Normandie...

 

Première étape : Étretat!

 

Qu'est ce que c'est beau...

 

Mais qu'est ce qu'on a eu froid...

 

Malgré la pluie, histoire de sortir un peu, on est allés se promener du côté de l'aiguille...

 

Avec le vent, la pluie et le froid, j'ai cru perdre une oreille...

 

Maux de tête à sauter dans le vide et impression de vivre "Les Hauts du Hurlevent" en direct dans ton conduit d'oreille...

 

Tu reviens en ville avec un cancer du lobe d'oreille en phase terminale et une inflammation du cervelet...

 

Qu'est-ce que tu fais pour t'en remettre?

 

Ben, tu bouffes...

 

Fête du chocolat chaud et viennoiseries autour d'un bon feu dans une auberge normande...

 

Après, on est allé cuver notre graisse à l'hôtel. J'ai tout essayé pour digérer plus vite : étoile de mer, position fœtale, poirier, position du lotus...

 

A 17h30, la pluie nuit tombe...

 

Qu'est-ce que tu fais pour contrer le manque de soleil et la dépression hivernale qui pointe le bout de son vilain nez de sorcière?

 

Ben, tu bouffes...

 

Direction le resto pour comparer la qualité des frites, rapport à l'escapade en Belgique... Tant qu'on y est, on a aussi comparé la bière, les gaufres et les moules...

 

J'ai découvert avec émotions les spécialités à base de camembert...

 

J'ai fini tout ça à coup de calva et autres crêpes flambées...

 

Le soir, j'étais limite à terme rapport à mon état de femme enceinte.

 

Le lendemain, direction Honfleur...

 

Et là, un truc de malade...

 

Un rayon de soleil!

 

Plus question de se calfeutrer à l'intérieur autour d'un vin chaud...

 

Non.

 

Direction la terrasse d'un café sur le port pour déguster une bonne bière en plein soleil...

 

Avec quelques cacahuètes...

 

Des bretzels aussi...


Oh, et puis une deuxième bière aussi parce qu'il fait soif.


Après, direction un vrai restaurant avec tout plein de fruits de mer trop bon.

 

Et puis pour revenir dans notre contrée ligérienne, je prends la carte pour voir la route sur la carte...

 

Et là, je vois ça...  :

 

 

 

Nan, mais sérieux, c'est une conspiration??

 

Comment veux-tu passer à 2 kilomètres de Pont Levesque et Livarot sans t'arrêter pour te rouler dans le fromage déguster ET ou en acheter...


Alors, tu fais quoi...

Ben, tu bouffes...
 

Tout ça a donc lamentablement fini en fromage party géante dans la voiture à même le tableau de bord avec l'opinel de poche...

 

Je ne vous raconte pas l'odeur sur la route du retour...


Non, je ne vous raconte pas...

Vraiment, c'est mieux pour vous...
 

J'ai été fort car en passant à proximité de Loué, je ne me suis pas arrêté pour acheter un poulet élevé au grain et en longeant Le Mans, je n'ai pas fait de stop pour acheter mon poids en équivalent rillettes...


Et en arrivant chez soi après trois heures de route, tu fais quoi? 

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 14:33

 

 

 

Bon, on va un peu sortir prendre l'air… d'accord?

 

Ben, oui, moi, j'adore voyager!

 

C'est limite ce qui me permet de ne pas péter un plomb pendant cette dure période hivernale.

 

La plupart de mes voyages ont été une réussite !!!

 

Seulement comme j'imagine que vous vous en foutez pas mal que je vous raconte mes voyages de rêve, je vais plutôt vous raconter mes destinations de loose.

 

Celles, où j'ai parfois vécu des grands moments de solitude.

 

Celles où tu fais 10 000 bornes, tu arrives plein d'espoir et… c'est tellement moche que t'as envie de repartir bosser direct.

 

Après, tout ça reste très subjectif, j'en conviens.


 

Pour moi, ma plus grande déception a été Bruxelles, la pas belle.

 

Il faut dire que tout dépend l'idée que tu te fais du truc.

 

Moi, avant Bruxelles, c'était la Grand Place.

 

C'était la capitale européenne avec les sièges des grandes institutions communautaires.

 

C'était une ville cosmopolite, joyeuse, dynamique.

 

Bref, un savant cocktail de frites, de bières, de rires et d'architecture flamande.

 

Bref, j'avais une idée assez bric et broc chic et choc de Bruxelles.

 

Jusqu'à ce week-end….

 

 

Déjà, j'arrive à Bruxelles en voiture.

 

En suivant un plan, je réussi à me garer à une rue seulement du célèbre Manneken-Pis.

 

Déjà, je trouve ça bizarre qu'à une rue du gamin-qui-pisse tu sois dans une rue moche avec des immeubles moches et des gens moches.

 

Normalement, je suis déjà censé être au centre ville et pas dans la zone industrielle de Vesoul.

 

Bref, plein d'espoir et d'optimisme, je sors de la voiture mon appareil photo prêt à dégainer et je me dirige en sautillant vers la rue du gamin-qui-pisse.

 

Avant même de voir la célèbre statue, j'entends comme un bruit de ruche.

 

Japonaise la ruche.

 

La rue commence à bruisser de mots nippons.

 

Puis, je perçois, le crépitement des flashs.

 

Quand j'arrive au fameux lieu, il y a effectivement bien une horde japonaise qui mitraille.

 

Mais je ne vois pas le gamin-qui-pisse.

 

Je cherche.

 

Je m'avance.

 

Et je finis par apercevoir la fameuse statue à l'envie pressante.

 

Là, j'ai un sentiment qui commence à m'envahir.

 

Et c'est pas terrible.

 

Je sens l'arnaque.

 

La blague vivante.

 

L'enculade, quoi !

 

Cette statue est minuscule.

 

Et surtout, elle n'a aucun intérêt.

 

C'est moche, c'est tout.

 

Je voudrais bien voir la gueule des touristes en France, si tu leur offrais une Tour Eiffel grande comme un abribus au coin d'une rue dégueulasse.

 

Un peu déçu, je me dis que ça fait juste partie des grandes arnaques touristiques, comme la Petite Sirène à Copenhague.

 

Celle-là aussi, il paraît que c'est une arnaque vivante.

 

Elle devrait monter un club avec le Manneken-Pis.

 

Enfin, à Bruxelles, comme ils ont vu que leur arnaque de Manneken-Pis, ça marchait trop bien, ils ont même fait une gamine-qui-pisse.

 

 Qu'est ce qu'on se marre à Bruxelles...


 

C'est toujours aussi consternant moche, on est bien d'accord.

 

Après cette expérience décevante, je me dirige vers la Grand Place.

 

THE Great Place, quoi!

 

Là, pas de déception possible.

 

Le truc, c'est que jusqu'à être sur la Grand Place, tu traverses des rues moches.

 

Mais vraiment super moches.


Genre HLM roumains.
 

Une fois, sur la Grand Place, le premier effet est sympathique.

 

Puis, quand tu regardes de plus près, tu vois que les façades sont très défraîchies et que l'ensemble n'a pas été restauré.

 

C'est très gris.

 

Même les clochetons dorés font la gueule sont ternes.

 

Et c'est vrai qu'en France, on n'est plus habitué aux monuments mal entretenus, noircis par la pollution.

 

Bon, après tout, tu pourrais te dire qu'à Bruxelles, il préfère mettre l'argent consacré à la restauration du patrimoine ailleurs.

 

Oui, mais où?

 

Pour retaper le zezette du Manneken-Pis?

 

Tu te rends vite compte que le patrimoine de Bruxelles est concentré sur la Grand Place.

 

Quand tu te ballades dans le reste des rues aux alentours, tu finirais par trouver du charme à Cholet un dimanche de janvier.

 

Bref, après cette seconde déception, je décide d'attendre le soir pour voir la Grand Place s'illuminer de milles feux.

 

Je vais boire quelques bières.

 

Quand je sors du bar, j'espère que l'alcool va m'aider à voir Bruxelles sous un jour neuf...

et je vois ça :

 

 

La Grand Place éclairée à l'ampoule 40 watts.


 

Bon, je me m'attarde pas et pars à la découverte du reste de la ville.

 

Je passe devant la Cathédrale de Bruxelles.

 

Celle où les rois et les princes se sont mariés.

 

On dirait une église en plâtre qu'on aurait construite au milieu d'une autoroute.

 

Je passe devant le Palais Royal.

 

On dirait la sous-préfecture de Montbéliard mais genre abandonnée depuis 20 ans.

 

Je vais dans le quartier chic des Sablons.

 

On dirait Saint-Ouen un jour de Toussaint.

 

Je reprends la voiture et me dirige vers le quartier européen.

 

Je vous jure avant mon voyage à Bruxelles, j'étais à fond pour l'Europe et tout et tout…

 

Je suis ressorti eurosceptique de ma visite du quartier européen.

 

En fait, c'est genre des buildings en verre.

 

Mais allongés au sol les buildings.

 

A l'horizontale.

 

Genre New-York mais à plat.

 

Des espèces de blocs de verre sans grâce disposés anarchiquement dans un quartier vallonné.

 

C'est froid, sans âme.

 

T'aurais bien envie de te pendre mais il n'y a même pas d'arbre.

 

Alors, vous allez me dire, oui mais l'ambiance, la fête, la bière.

 

Oui, c'est vrai que j'ai fait la queue 2 heures pour un cornet de frites à la graisse de bœuf…

 

 

Ces gens ne font pas la queue pour les ventes privées Gucci mais pour un cornet de frites belges.

 

… c'est vrai que j'ai bu une bière tiède dans une brasserie enfumée, c'est vrai que j'ai pris 4 kilos car j'ai passé deux jours sous perfusion de gaufres pour tenir le coup.

 

Je passe sur la brocante où j'ai eu l'impression de me retrouver plongé dans l'Albanie de 1972

 

 

Tirana, 1972, Bruxelles, 2009


 

 

Art belge à vendre…

 

Je passe sur l'horrible Atomium que j'ai entraperçu sous une épaisse couche de brouillard (qui ne s'est jamais levée en deux jours).

 

Je passe sur tout ça et surtout, je rentre!

 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 11:00

Heureusement, il n'y a pas qu'à Paris que je vis de GRANDS moments de solitude…

 

Il existe une autre région qui peut vous surprendre à chaque coin de rue…

 

Une région où les grands-mères ont des crinières de lionnes et des manteaux panthère… (d'ailleurs, peut-être bien que Papy-Panthère s'est juste gourré de région...)

 

Une région qui a vu naître deux phares de la culture occidentale : Loana et Jenifer…

 

Une région où le taux de caniche par habitant est le plus élevé de France

 

J'ai nommé LA COTE D'AZUR……….

 

Sur la côte d'azur le sublime côtoit l'immonde, c'est limite un concept déposé.

 

Pour le sublime, t'as qu'à regarder M6 le dimanche soir, il y a toujours de la milliardaire luxembourgeoise botoxée du nichon qui s'emmerde va de palace en palace, de Monaco à Cannes, de Mougins à Saint Paul de Vence…

 

Pour l'immonde, celui qui te fait vivre de grands moments de solitude… il suffit de se perdre un peu dans les rues et d'ouvrir ses petits yeux.

 

Je ne sais pas si c'est l'effet de la chaleur mais, ici, le bon goût se dilate dans la tête des gens.

 

Comme ça, j'avais deux vieilles tantes versaillaises qui s'étaient installées sur la côte… Collier de perle, escarpins vernis, l'abonnement au Figaro Madame, le package Versailles quoi.

 

Et puis au bout de quelques mois, elles ont commencé à porter des pulls avec des petits strass. C'était sympa, plus moderne.

 

Au bout d'un an, il y a avait plus de paillettes que de laine sur les pulls.

 

Au bout de trois ans, elles portaient des escarpins dorés et des décolletés plongeants.

 

Enfin, bref, on est passé de ça :


les mamies par Didine & Yo coupette de mousseux, période "before Nice"

à ça :

 coupette de Champ', période "after Nice"

C'est comme ça que j'ai constaté l'effet du micro climat azuréen.


Les limites du bon goût se dilatent.

 

Beaucoup.

 

Vraiment beaucoup.

 

Jusqu'à franchir un territoire où la paillette est reine et le doré est roi.

 

Un territoire où l'imagination est au service du pire.

 

Un lieu où création rime avec abomination.

 

Ainsi, je vous soumets, sous vos yeux ébahis, ce que j'ai trouvé sur un marché…

 

Le sac-à-main-talon-aiguille


Je sais, on met quelques minutes à bien comprendre le truc…


C'est bien un sac à main...
 


Très jolie version croco dorée.

 

Vous noterez le sublime sac-à-main-voiture-violette à l'arrière…

 

Enfin, le bouquet final :

 

Souvenez-vous, la niçoise aime le chien-chien.

 

Et bien voilà :



 

Le sac chien-chien rose ou noir avec œil en faux diams.

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 16:03

Tu habites un loft sur les hauteurs de Fourvière à Lyon, une maison en tuffeau en bord de Loire, un appartement haussmannien à Nantes ou une ferme dans le Berry, c'est tout pareil, pour un pariso-parisien, tu habites en province.

 

La province, c'est genre un grand trou noir qui commence derrière le périphérique.

 

Souvent, le parisien, il te dit d'un air joyeux "ce week-end je suis allé en province" (le pariso-parisien, il aime tellement Paris qu'il se barre tous les week-ends en Province).

 

Ah ça tu réponds… Mais où en Province ? Au bord de la mer, en montagne, à la campagne, en Normandie, en Bretagne, en Provence???

 

Nan, genre le parisien après le périphérique, il s'est jeté dans le grand trou noir et pis c'est tout.

 

Le pariso-parisiens se pose toujours de grandes questions sur ce grand magma flou qui encercle la capitale.

La grande interrogation sur la province c'est : mais qu'est ce qu'on peut faire professionnellement en province??

 

Genre il y a 50 millions de français, et bien on se demande bien ce qu'ils foutent de leurs journées ces cons!

 

Pour pas mal de parisien, les provinciaux, ils ont juste fait une croix sur leur carrière et ils attendent la retraite en regardant passer les trains.

 

A part des caissières, des docteurs, des anglais en vacances ou des maçons, on ne voit pas bien ce que peuvent faire les gens...

 

La province, c'est aussi un grand trou noir professionnel.

 

Et puis, en province, les parisiens pensent que les gens sont empêtrés dans un ennui abyssal.

 

En province, tu te fais tellement chier que tu fais des mioches, histoire d'occuper tes soirées.

 

Et puis enfin, en province, t'as juste une vie de beauf.

 

Tu écoutes Rire et chansons, tu roules en Espace vert bouteille, tu habites un lotissement aussi sexy qu'un catalogue de feu la Camif, quand c'est jour de fête tu vas au Flunch avec frites à volonté, et la sortie de l'année tu la passes au Multiplex pour bouffer des popcorns devant un film avec Will Smith.

 

Heureusement, certains pariso-parisiens ont éclairé ma pauvre vie de provincial.

 

Ainsi, durant le même stage que j'évoquais précédemment, j'ai aussi eu droit à un cours de branchitude parisienne… par une vieille bobo.

 

Il y avait une soirée organisée par le boulot et on s'était tous retrouvé au restaurant. La vieille bobo faisait sa diva, elle parlait des nuits au Palace dans les années 80, de ses après-midi à Roland Garros dans les années 90, de son amitié avec Karl…

 

Moi, placé juste en face d'elle, je me sentais légèrement en décalage.

Pour ma part, dans les années 80, je fréquentais la maternelle Jacques Prévert, dans les années 90 j'étais un authentique rebelle et je chantais "no limit" de 2 unlimited à tue-tête dans ma chambre, et ma super amitié avec Antoine, conseiller financier à la Banque postale à Toulouse n'aurait pas passionné grand monde…

 

Du coup, je faisais des"mmmh" et des "ah ouaaaaaaais" et aussi des fois des "c'est clair" et la vieille bobo était ravie.

 

Le truc, c'est qu'à la fin du dîner, on a fait des taxis communs pour les gens qui habitent le même quartier.

 

Et moi, je me suis retrouvé dans le même taxi que la Castafiore vieille bobo.

 

Du coup, elle a continué à me raconter toutes ces parisianneries.

 

Arrivé à destination, je m'apprêtais à lui dire au revoir et finalement elle me sort qu'elle voudrait bien que je la raccompagne chez elle parce que… bon… la sécurité à Paris... c'est pas du tout du tout un problème mais... quand même... on ne sait jamais si Guy Georges s'est échappé de taule cette nuit là... et qu'il a envie de se taper une vieille une femme, ce ne serait pas de chance tout ça…

 

Sur le coup, je suis un peu estomaqué parce que Madâme clamait toujours haut et fort au boulot qu'elle était de gôche et que Sarkozy, les flics et tout ça, c'était honteux et que la France était limite un État policier.

 

En fait, j'avais simplement et définitivement à faire à une bobo.

 

Je la raccompagne donc et, en passant devant un bar elle me demande si je connais cette adresse.

 

"Euh…non… je suis nouveau, je ne connais pas bien les attrapes-bobos bons endroits encore"

 

"Et bien, en fait, c'est l'adresse la plus branchée de Paris en ce moment. Tu vois, c'est tellement branché qu'il ferme le samedi soir."

 

Silence.

 

Moment de solitude.

 

Pourquoi un bar qui ferme le samedi soir est super branché ?????

Je crois plutôt que c'est super con. C'est clair que le Flunch de la zone commerciale de Saint Martin du Fouilloux ne ferait jamais un truc pareil.

 

Explication de texte de la vieille bobo :

 

"Ben tu vois, c'est tellement "province" de sortir le samedi soir que ce bar ferme carrément ses portes. Les meilleures soirées, c'est celles du dimanche. C'est vraiment une super ambiance".

 

Re-moment de solitude devant cet abysse de connerie humaine.

 

Au moins cette discussion m'aura fait comprendre pourquoi tous les lundis matins, on la voyait débarquer au boulot avec une tête de gnou dépressif.

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 16:07

Quand j'habitais Paris, j'ai vécu de grands moments de solitude.

 

A tous les niveaux.

 

Mais, avec le recul, le plus drôle, c'est quand tu es confronté à un pariso-parisien.

 

Celui qui préfèrerait être transformé sur le champ en vide-poche plutôt que d'habiter en province.

 

Dans la discussion vous sentez un gouffre de Padirac entre vous et la personne en face.

 

Quand j'habitais Paris, j'étais en stage dans le milieu de la télévision. Des gens a priori superficiels ouverts, intelligents, informés.

 

Un jour, je discute autour d'un café avec une femme d'une quarantaine d'années, responsable d'un service qui n'était pas le mien.


Elle me demande d'où je viens.

Je lui réponds "Lyon".

 

Là, je vois ces yeux qui papillonnent genre elle cherche dans sa tête un truc auquel se raccrocher, un truc qu'elle aurait pu dire sur Lyon pour poursuivre la conversation. On frôle le bug cérébral et puis finalement elle me sort :

 

"Et toute cette neige l'hiver, c'est pas trop gênant?"

 

Là, je bug à mon tour. Les yeux qui papillonnent dans le vide tout ça… Je ne peux pas non plus la prendre de haut car qu'elle occupe un poste important et que je ne suis qu'un misérable stagiaire (misèèère misèèère…). Alors je lui réponds en fronçant les sourcils… :

 "Mais… quelle neige?"

 

"Et bien Lyon, c'est dans les montagnes, vers les Alpes quoi! L'hiver il doit y avoir un paquet de neige. Au quotidien, ça doit être difficile, nan?"

 

Là, je m'imaginais un matin gris de février. A mettre mon gros manteau, ma grande écharpe en laine, enfiler mon bonnet, sortir de mon chalet, mettre mes skis et descendre la montagne en évitant des sapins, en saluant les marmottes et en sifflant quelques dahus avant d'aller en cours.

 

Comment expliquer gentiment que les lyonnais ne vivent pas dans la peur des avalanches, que je n'ai encore jamais croisé de troupeau de chamois au détour d'une rue ou que la réintroduction de l'ours ne fait pas partie du programme municipal.

 

Sobrement, je réponds :

 

"Euh, nan, il n'y pas tant de neige que ça tu sais et puis les montagnes, c'est plutôt des genres de collines"

 

A ce moment là, elle fait une mine déçue genre "mais si y'a même pas de neige en province, c'est quoi l'intérêt??

 

Et elle a tourné les talons.

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